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Le génie bâlois des mathématiques

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Leonhard Euler était né à Bâle en 1707. Grâce aux découvertes de ce génie, les passagers ont un horaire de train, Alinghi vogue et le sudoku déchaîne les passions.
Leonhard Euler était doté d'une étonnante capacité à extraire des principes mathématiques généraux de solutions apportée à des problèmes concrets. Ces mêmes principes peuvent, dès lors, être utilisés dans d'autres buts. Beaucoup d'applications contemporaines auraient été inimaginables au 18e siècle.
Ainsi, il utilisa le problème de l'impossibilité de traverser à pied les quatre districts de Königsberg sans passer deux fois par un de ses sept ponts pour développer les principes de la théorie des graphes, utilisée aujourd'hui en logistique et dans la préparation d'horaires de transports, notamment.
Euler inventa aussi des formules toujours utilisées dans des domaines aussi divers que la construction d'immeubles, le design aéronautique et naval et l'encodage d'informaitons. 
 
Base intellectuelle

Fils de pasteur, Euler a eu la chance de naître dans une ville, Bâle, qui hébergeait aussi à cette époque une grande lignée de mathématiciens, les Bernoulli.

Un jeune homme brillant

Les mathématiques n'étaient pas bien dotées dans les académies, mais Jean Bernoulli avait accepté d'aider le jeune Euler. Le maître a vite vu les extraordinaires capacités de son élève.
Le brillant jeune homme se fit remarquer avec un article envoyé à la prestigieuse Académie de Paris en 1727 sur la construction de mâts de bateau, thème complexe pour une jeune qui, en outre, n'avait jamais vu la mer. Il remporta le deuxième prix.
La même année, n'obtenant pas le poste de professeur qu'il briguait à Bâle, il suivit les fils Bernoulli, Daniel et Nicolas, à la nouvelle Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.
Euler y resta jusqu'en 1741, année où il rejoignit Berlin. Après 25 ans dans la capitale, il repartit vers Saint-Pétersbourg, où il resta jusqu'à sa mort en 1783.
 
Aveugle

La productivité d'Euler était prodigieuse et ses domaines d'intérêt très vastes. Bien qu'ayant perdu la vue dès l'âge de 31 ans, devenant complètement aveugle en 1766, il n'a jamais réduit sa force de travail ni sa curiosité.
Le rythme de parution de ses articles et livres est toujours resté élevé. Et ses textes contenaient régulièrement des idées révolutionnaires. Il a écrit des lettres à des collègues de toute l'Europe jusqu'à la fin de sa vie.
Mathématicien de génie, Euler ne s'est pas adressé qu'aux seuls mathématiciens mais était aussi animé par le souci de transmettre ses connaissances au plus grand nombre. C'est lui, par exemple, qui a symbolisé le symbole «pi».

Homme modeste

Son «best-seller», immédiatement traduit en plusieurs langues après sa première publication, ne porte pas un titre mathématique: ses «Lettres à une princesse d'Allemagne», écrites à la princiesse Anhalt-Dessau, jeune nièce de Frédéric II de Prusse, était un véritable ouvrage de vulgarisation.
Euler a été admiré toute sa vie pour son génie, mais aussi pour son amabilité. Il est toujours resté très modeste. «Un enfant sur ses genoux, un chat sur ses épaules – c'est ainsi qu'il écrivait ses œuvres immortelles», selon l'un des ses contemporains à Berlin.
Homme universel, Euler n'est jamais retourné à Bâle, ville qu'il avait quitté en 1727. Mais il est toujours resté en contact avec un cercle informel de mathématiciens de la ville du Rhin et on sait qu'il aimait parler le dialecte bâlois. Il s'est aussi assuré que sa famille reçoive la citoyenneté bâloise.

 
swissinfo, Julia Slater, 28 avril 2007. (Traduction de l'anglais : Ariane Gigon Bormann. Adaption par Switzerland.com en janvier 2008.)

Légende photo: Pourquoi le ballon de football classique est-il fait d'hexagones et de pentagones? C'est Euler qui en a trouvé la formule.

Quote: «Beaucoup d'éléments de notre vie quotidienne ne seraient pas ce qu'ils sont sans Euler».
Professeur Peter Buser, Société mathématique suisse.


CONTEXTE
 
Bien que Leonhard Euler n'est jamais revenu en Suisse après avoir quitté Bâle pour la Russie à l'âge de 20 ans, en 1727, la Suisse reste très fière du mathématicien. Son visage a illustré un ancien billet de 10 francs.